Project Gutenberg's Le Tour du Monde; Indes Occidentales, by Various

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Title: Le Tour du Monde; Indes Occidentales
       Journal des voyages et des voyageurs; 2. sem. 1860

Author: Various

Editor: douard Charton

Release Date: May 23, 2008 [EBook #25576]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK TOUR DU MONDE: INDES OCCIDENTALES ***




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                    LE TOUR DU MONDE




            IMPRIMERIE GNRALE DE CH. LAHURE
               Rue de Fleurus, 9,  Paris




                    LE TOUR DU MONDE

               NOUVEAU JOURNAL DES VOYAGES

                PUBLI SOUS LA DIRECTION

                 DE M. DOUARD CHARTON

        ET ILLUSTR PAR NOS PLUS CLBRES ARTISTES




                         1860
                   DEUXIME SEMESTRE

            LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie
         PARIS, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, No 77
          LONDRES, KING WILLIAM STREET, STRAND
              LEIPZIG, 15, POST-STRASSE

                         1860




TABLE DES MATIRES.


UN MOIS EN SICILE (1843.--Indit.), par M. Flix BOURQUELOT.

  Arrive en Sicile. -- Palerme et ses habitants. -- Les monuments
    de Palerme. -- La cathdrale de Monreale. -- De Palerme 
    Trapani. -- Partenico. -- Alcamo. -- Calatafimi. -- Ruines de
    Sgeste. -- Trapani. -- La spulture du couvent des capucins. --
    Le mont ryx. -- De Trapani  Girgenti. -- La Lettica. --
    Castelvetrano. -- Ruines de Slinonte. -- Sciacca. -- Girgenti
    (Agrigente). -- De Girgenti  Castrogiovanni. -- Caltanizzetta.
    -- Castrogiovanni. -- Le lac Pergusa et l'enlvement de
    Proserpine. -- De Castrogiovanni  Syracuse. -- Calatagirone. --
    Vezzini. -- Syracuse. -- De Syracuse  Catane. -- Lentini. --
    Catane. -- Ascension de l'Etna. -- Taormine. -- Messine. --
    Retour  Naples.                                                 1


VOYAGE EN PERSE, fragments par M. le comte A. de GOBINEAU (1855-1858),
dessins indits de M. Jules LAURENS.

  Arrive  Ispahan. -- Le gouverneur. -- Aspect de la ville. -- Le
    Tchhar-Bgh. -- Le collge de la Mre du roi. -- La mosque du
    roi. -- Les quarante colonnes. -- Prsentations. -- Le pont du
    Zend--Roub. -- Un dner  Ispahan. -- La danse et la comdie. --
    Les habitants d'Ispahan. -- D'Ispahan  Kaschan. -- Kaschan. --
    Ses fabriques. -- Son imprimerie lithographique. -- Ses
    scorpions. -- Une lgende. -- Les bazars. -- Le collge. -- De
    Kaschan  la plaine de Thran. -- Koum. -- Feux d'artifice. --
    Le pont du Barbier. -- Le dsert de Khavr. -- Houz-Sultan. --
    La plaine de Thran. -- Thran. -- Notre entre dans la ville.
    -- Notre habitation.                                            16

  Une audience du roi de Perse. -- Nouvelles constructions 
    Thran. -- Temprature. -- Longvit. -- Les nomades. -- Deux
    plerins. -- Le culte du feu. -- La police. -- Les ponts. -- Le
    laisser aller administratif. -- Les amusements d'un bazar persan.
    -- Les fianailles. -- Le divorce. -- La journe d'une Persane.
    -- La journe d'un Persan. -- Les visites. -- Formules de
    politesses. -- La peinture et la calligraphie persanes. -- Les
    chansons royales. -- Les conteurs d'histoires. -- Les spectacles:
    drames historiques. -- pilogue. -- Le Dmavend. -- L'enfant qui
    cherche un trsor.                                              34


VOYAGES AUX INDES OCCIDENTALES, par M. Anthony TROLLOPE
(1858-1859); dessins indits de M. A. de BRARD.

  L'le Saint-Thomas. -- La Jamaque: Kingston; Spanish-Town; les
    _rserves_; la vgtation. -- Les planteurs et les ngres. --
    Plaintes d'une Ariane noire. -- La toilette des ngresses. --
    Avenir des multres. -- Les petites Antilles. -- La Martinique.
    -- La Guadeloupe. -- Grenada. -- La Guyane anglaise. -- Une
    sucrerie. -- Barbados. -- La Trinidad. -- La Nouvelle-Grenade. --
    Sainte-Marthe. -- Carthagne. -- Le chemin de fer de Panama. --
    Costa Rica: San Jos; le Mont-Blanco. -- Le Serapiqui. --
    Greytown.                                                       49


VOYAGE DANS LES TATS SCANDINAVES, par M. Paul RIANT. (Le
Tlmark et l'vch de Bergen.) (1858.--Indit.)

  LE TLMARK. -- Christiania. -- Dpart pour le Tlmark. -- Mode
    de voyager. -- Paysage. -- La valle et la ville de Drammen. --
    De Drammen  Kongsberg. -- Le cheval norvgien. -- Kongsberg et
    ses gisements mtallifres. -- Les montagnes du Tlmark. --
    Leurs habitants. -- Hospitalit des _gaards_ et des _sters_. --
    Une sorcire. -- Les lacs Tinn et Mjs. -- Le Westfjord. -- La
    chute du Rjukan. -- Lgende de la belle Marie. -- Dal. -- Le
    livre des trangers. -- L'glise d'Hitterdal. -- L'ivresse en
    Norvge. -- Le chtelain aubergiste. -- Les lacs Sillegjord et
    Bandak. -- Le ravin des Corbeaux.                               65

  --_Le Saint-Olaf_ et ses pareils. -- Navigation intrieure. --
    Retour  Christiania par Skien.                                 82

  L'VCH DE BERGEN. -- La presqu'le de Bergen. -- Lrdal. -- Le
    Sognefjord. -- Vosse-Vangen. -- Le Vringfoss. -- Le
    Hardangerfjord. -- De Vikor  Sammanger et  Bergen.           85


VOYAGE DE M. GUILLAUME LEJEAN DANS L'AFRIQUE ORIENTALE
(1860.--Texte et dessins indits.)--Lettre au Directeur du _Tour
du monde_ (Khartoum, 10 mai 1860).

  D'ALEXANDRIE  SOUAKIN. -- L'gypte. -- Le dsert. -- Le simoun.
    -- Suez. -- Un danger. -- Le mirage. -- Tor. -- Qossir. --
    Djambo. -- Djeddah.                                             97


VOYAGE AU MONT ATHOS, par M. A. PROUST (1858.--Indit.)

  Salonique. -- Juifs, Grecs et Bulgares. -- Les mosques. --
    L'Albanais Rabottas. -- Prparatifs de dpart. -- Vasilika. --
    Galatz. -- Nedgesalar. -- L'Athos. -- Saint-Nicolas. -- Le P.
    Gdon. -- Le couvent russe. -- La messe chez les Grecs. --
    Karis et la rpublique de l'Athos. -- Le vovode turc. -- Le
    peintre Anthims et le pappas Manuel. -- M. de Svastiannoff.  103

  Ermites indpendants. -- Le monastre de Koutloumousis. -- Les
    bibliothques. -- La peinture. -- Manuel Panselinos et les
    peintres modernes. -- Le monastre d'Iveron. -- Les carmes. --
    Peintres et peintures. -- Stavronikitas. -- Miracles. -- Un
    Vroukolakas. -- Les bibliothques. -- Les mulets. -- Philotheos.
    -- Les moines et la guerre de l'Indpendance. -- Karacallos. --
    L'union des deux glises. -- Les pnitences et les fautes.     114

  La lgende d'Arcadius. -- Le pappas de Smyrne. -- Esphigmenou. --
    Thodose le Jeune. -- L'ex-patriarche Anthymos et l'glise
    grecque. -- L'isthme de l'Athos et Xerxs. -- Les monastres
    bulgares: Kiliandari et Zographos. -- La lgende du peintre. --
    Beaut du paysage. -- Castamoniti. -- Une femme au mont Athos. --
    Dokiarios. -- La secte des Palamites. -- Saint-Xnophon. -- La
    pche aux ponges. -- Retour  Karis. -- Xiropotamos, le couvent
    du Fleuve Sec. -- Dpart de Daphn. -- Marino le chanteur.     130


VOYAGE D'UN NATURALISTE (Charles DARWIN).--L'archipel Galapagos
et les attoles ou les de coraux.--(1838).

  L'ARCHIPEL GALAPAGOS. -- Groupe volcanique. -- Innombrables
    cratres. -- Aspect bizarre de la vgtation. -- L'le Chatam. --
    Colonie de l'le Charles. -- L'le James. -- Lac sal dans un
    cratre. -- Histoire naturelle de ce groupe d'les. --
    Mammifres; souris indigne. -- Ornithologie; familiarit des
    oiseaux; terreur de l'homme; instinct acquis. -- Reptiles;
    tortues de terre; leurs habitudes.                             139

  Encore les tortues de terre; lzard aquatique se nourrissant de
    plantes marines; lzard terrestre herbivore, se creusant un
    terrier. -- Importance des reptiles dans cet archipel o ils
    remplacent les mammifres. -- Diffrences entre les espces qui
    habitent les diverses les. -- Aspect gnral amricain.       146

  LES ATTOLES OU LES DE CORAUX. -- le Keeling. -- Aspect
    merveilleux. -- Flore exigu. -- Voyage des graines. -- Oiseaux.
    -- Insectes. -- Sources  flux et reflux. -- Chasse aux tortues.
    -- Champs de coraux morts. -- Pierres transportes par les
    racines des arbres. -- Grand crabe. -- Corail piquant. --
    Poissons se nourrissant de coraux. -- Formation des attoles. --
    Profondeur  laquelle le corail peut vivre. -- Vastes espaces
    parsems d'les de corail. -- Abaissement de leurs fondations. --
    Barrires. -- Franges de rcifs. -- Changement des franges en
    barrires et des barrires en attoles.                         151


BIOGRAPHIE.--Brun-Rollet.                                          159


VOYAGE AU PAYS DES YAKOUTES (Russie asiatique), par OUVAROVSKI
(1830-1839).

  Djigansk. -- Mes premiers souvenirs. -- Brigandages. -- Le
    paysage de Djigansk. -- Les habitants. -- La pche. -- Si les
    poissons morts sont bons  manger. -- La sorcire Agrippine. --
    Mon premier voyage. -- Killm et ses environs. -- Malheurs. --
    Les Yakoutes. -- La chasse et la pche. -- Yakoutsk. -- Mon
    premier emploi. -- J'avance. -- Dernires recommandations de ma
    mre. -- Irkoutsk. -- Voyage. -- Oudsko. -- Mes bagages. --
    Campement. -- Le froid. -- La rivire Outchour. -- L'Aldan. --
    Voyage dans la neige et dans la glace. -- L'gn. -- Un Tongouse
    qui pleure son chien. -- Obstacles et fatigues. -- Les guides. --
    Ascension du Diougdjour. -- Stratagme pour prendre un oiseau. --
    La ville d'Oudsko. -- La pche  l'embouchure du fleuve Ut. --
    Navigation pnible. -- Boroukan. -- Une halte dans la neige. --
    Les rennes. -- Le mont Byraya. -- Retour  Oudsko et 
    Yakoutsk.                                                      161

  Viliouisk. -- Sel tricolore. -- Bois ptrifi. -- Le Sountar. --
    Nouveau voyage. -- Description du pays des Yakoutes. -- Climat.
    -- Population. -- Caractres. -- Aptitudes. -- Les femmes
    yakoutes.                                                      177


DE SYDNEY  ADLADE (Australie du Sud), notes extraites d'une
correspondance particulire (1860).

  Les Alpes australiennes. -- Le bassin du Murray. -- Ce qui reste
    des anciens matres du sol. -- Navigation sur le Murray. --
    Frontires de l'Australie du Sud. -- Le lac Alexandrina. -- Le
    Kanguroo rouge. -- La colonie de l'Australie du Sud. -- Adlade.
    -- Culture et mines.                                           182


VOYAGES ET DCOUVERTES AU CENTRE DE L'AFRIQUE, journal du docteur
BARTH (1849-1855).

  Henry Barth. -- But de l'expdition de Richardson. -- Dpart. --
    Le Fezzan. -- Mourzouk. -- Le dsert. -- Le palais des dmons. --
    Barth s'gare; torture et agonie. -- Oasis. -- Les Touaregs. --
    Dunes. -- Afalesselez. -- Bubales et moufflons. -- Ouragan. --
    Frontires de l'Asben. -- Extorsions. -- Dluge  une latitude o
    il ne doit pas pleuvoir. -- La Suisse du dsert. -- Sombre valle
    de Taghist. -- Riante valle d'Auderas. -- Agadez. -- Sa
    dcadence. -- Entrevue de Barth et du sultan. -- Pouvoir
    despotique. -- Coup d'oeil sur les moeurs. -- Habitat de la
    girafe. -- Le Soudan; le Damergou. -- Architecture. -- Katchna;
    Barth est prisonnier. -- Pnurie d'argent. -- Kano. -- Son
    aspect, son industrie, sa population. -- De Kano  Kouka. -- Mort
    de Richardson. -- Arrive  Kouka. -- Difficults croissantes. --
    L'nergie du voyageur en triomphe. -- Ses visiteurs. -- Un vieux
    courtisan. -- Le vizir et ses quatre cents femmes. -- Description
    de la ville, son march, ses habitants. -- Le Dendal. --
    Excursion. -- Angornou. -- Le lac Tchad.                       193

  Dpart. -- Aspect dsol du pays. -- Les Ghouas. -- Mabani. -- Le
    mont Dlabda. -- Forgeron en plein vent. -- Dvastation. --
    Orage. -- Baobab. -- Le Mendif. -- Les Marghis. -- L'Adamaoua. --
    Mboutoudi. -- Proposition de mariage. -- Installation de vive
    force chez le fils du gouverneur de Soulleri. -- Le Bnou. --
    Yola. -- Mauvais accueil. -- Renvoi subit. -- Les Oulad-Sliman.
    -- Situation politique du Bornou. -- La ville de Yo. -- Nggimi
    ou Inggimi. -- Chute dans un bourbier. -- Territoire ennemi. --
    Razzia. -- Nouvelle expdition. -- Troisime dpart de Kouka. --
    Le chef de la police. -- Aspect de l'arme. -- Dikoua. -- Marche
    de l'arme. -- Le Mosgou. -- Adishen et son escorte. -- Beaut du
    pays. -- Chasse  l'homme. -- Erreur des Europens sur le centre
    de l'Afrique. -- Incendies. -- Baga. -- Partage du butin. --
    Entre dans le Baghirmi. -- Refus de passage. -- Traverse du
    Chari. --  travers champs. -- Dfense d'aller plus loin. --
    Hospitalit de Bou-Bakr-Sadik. -- Barth est arrt. -- On lui met
    les fers aux pieds. -- Dlivr par Sadik. -- Masna. -- Un
    savant. -- Les femmes de Baghirmi. -- Combat avec des fourmis. --
    Cortge du sultan. -- Dpches de Londres.                     209

  De Katchna au Niger. -- Le district de Mouniyo. -- Lacs
    remarquables. -- Aspect curieux de Zinder. -- Route prilleuse.
    -- Activit des fourmis. -- Le Ghaladina de Sokoto. -- Marche
    force de trente heures. -- L'mir Aliyou. -- Vourno. --
    Situation du pays. -- Cortge nuptial. -- Sokoto. -- Caprice
    d'une bote  musique. -- Gando. -- Khalilou. -- Un chevalier
    d'industrie. -- Exactions. -- Pluie. -- Dsolation et fcondit.
    -- Zogirma. -- La valle de Foga. -- Le Niger. -- La ville de
    Say. -- Rgion mystrieuse. -- Orage. -- Passage de la Sirba. --
    Fin du rhamadan  Sebba. -- Bijoux en cuivre. -- De l'eau
    partout. -- Barth dguis en schrif. -- Horreur des chiens. --
    Montagnes du Hombori. -- Protection des Touaregs. -- Bambara. --
    Prires pour la pluie. -- Sur l'eau. -- Kabara. -- Visites
    importunes. -- Dangereux passage. -- Tinboctoue, Tomboctou ou
    Tembouctou. -- El Bakay. -- Menaces. -- Le camp du cheik. --
    Irritation croissante. -- Sus au chrtien! -- Les Foullanes
    veulent assiger la ville. -- Dpart. -- Un preux chez les
    Touaregs. -- Zone rocheuse. -- Lenteurs dsesprantes. -- Gogo.
    -- Gando. -- Kano. -- Retour.                                  226


VOYAGES ET AVENTURES DU BARON DE WOGAN EN CALIFORNIE
(1850-1852.--Indit).

  Arrive  San-Francisco. -- Description de cette ville. -- Dpart
    pour les placers. -- Le claim. -- Premire dception. -- La
    solitude. -- Mineur et chasseur. -- Dpart pour l'intrieur. --
    L'ours gris. -- Reconnaissance des sauvages. -- Captivit. --
    Jugement. -- Le poteau de la guerre. -- L'Anglais chef de tribu.
    -- Dlivrance.                                                 242


VOYAGE DANS LE ROYAUME D'AVA (empire des Birmans), par le
capitaine Henri YULE, du corps du gnie bengalais (1855).

  Dpart de Rangoun. -- Frontires anglaises et birmanes. -- Aspect
    du fleuve et de ses bords. -- La ville de Magw. -- Musique,
    concert et drames birmans. -- Sources de naphte; leur
    exploitation. -- Un monastre et ses habitants. -- La ville de
    Pagn. -- Myeen-Kyan. -- Amarapoura. -- Paysage. -- Arrive 
    Amarapoura.                                                    258

  Amarapoura; ses palais, ses temples. -- L'lphant blanc. --
    Population de la ville. -- Recensement suspect. -- Audience du
    roi. -- Prsents offerts et reus. -- Le prince hritier
    prsomptif et la princesse royale. -- Incident diplomatique. --
    Religion bouddhique. -- Visites aux grands fonctionnaires. -- Les
    dames birmanes.                                                273

  Comment on dompte les lphants en Birmanie. -- Excursions autour
    d'Amarapoura. -- Gologie de la valle de l'Irawady. -- Les
    poissons familiers. -- Le serpent hamadryade. -- Les Shans et
    autres peuples indignes du royaume d'Ava. -- Les femmes chez les
    Birmans et chez les Karens. -- Ftes birmanes. -- Audience de
    cong. -- Refus de signer un trait. -- Lettre royale. -- Dpart
    d'Amarapoura et retour  Rangoun. -- Coup d'oeil rtrospectif sur
    la Birmanie.                                                   280


VOYAGE AUX GRANDS LACS DE L'AFRIQUE ORIENTALE, par le capitaine
BURTON (1857-1859).

  But de l'expdition. -- Le capitaine Burton. -- Zanzibar. --
    Aspect de la cte. -- Un village. -- Les Bloutchis. -- Ouamrima.
    -- Fertilit du sol. -- Dgot inspir par le pantalon. -- Valle
    de la mort. -- Supplice de M. Maizan. -- Hallucination de
    l'assassin. -- Horreur du paysage. -- Humidit. -- Zoungomro. --
    Effets de la traite. -- Personnel de la caravane. -- Mtis
    arabes, Hindous, jeunes gens mis en gage par leurs familles. --
    nes de selle et de bt. -- Chane de l'Ousagara. --
    Transformation du climat. -- Nouvelles plaines insalubres. --
    Contraste. -- Ruine d'un village. -- Fourmis noires. -- Troisime
    rampe de l'Ousagara. -- La Passe terrible. -- L'Ougogo. --
    L'Ougogi. -- pines. -- Le Zihoua. -- Caravanes. -- Curiosit des
    indignes. -- Faune. -- Un despote. -- La plaine embrase. --
    Coup d'oeil sur la valle d'Ougogo. -- Aridit. -- Kraals. --
    Absence de combustible. -- Gologie. -- Climat. -- Printemps. --
    Indignes. -- District de Toula. -- Le chef Maoula. -- Fort
    dangereuse.                                                    305

  Arrive  Kazeh. -- Accueil hospitalier. -- Snay ben Amir. --
    tablissements des Arabes. -- Leur manire de vivre. -- Le Temb.
    -- Chemins de l'Afrique orientale. -- Caravanes. -- Porteurs. --
    Une journe de marche. -- Costume du guide. -- Le Mganga. --
    Coiffures. -- Halte. -- Danse. -- Sjour  Kazeh. -- Avidit des
    Bloutchis. -- Saison pluvieuse. -- Yombo. -- Coucher du soleil.
    -- Jolies fumeuses. -- Le Msn. -- Orgies. -- Kajjanjri. --
    Maladie. -- Passage du Malagarazi. -- Tradition. -- Beaut de la
    Terre de la Lune. -- Soire de printemps. -- Orage. -- Faune. --
    Cynocphales, chiens sauvages, oiseaux d'eau. -- Ouakimbou. --
    Ouanyamouzi. -- Toilette. -- Naissances. -- ducation. --
    Funrailles. -- Mobilier. -- Lieu public. -- Gouvernement. --
    Ordalie. -- Rgion insalubre et fconde. -- Aspect du Tanganyika.
    -- Ravissements. -- Kaoul.                                   321

    Tatouage. -- Cosmtiques. -- Manire originale de priser. --
    Caractre des Ouajiji; leur crmonial. -- Autres riverains du
    lac. -- Ouatata, vie nomade, conqutes, manire de se battre,
    hospitalit. -- Installation  Kaoul. -- Visite de Kannna. --
    Tribulations. -- Maladies. -- Sur le lac. -- Bourgades de
    pcheurs. -- Ouafanya. -- Le chef Kanoni. -- Cte inhospitalire.
    -- L'le d'Oubouari. -- Anthropophages. -- Accueil flatteur des
    Ouavira. -- Pas d'issue au Tanganyika. -- Tempte. -- Retour.  337


FRAGMENT D'UN VOYAGE AU SAUBAT (affluent du Nil Blanc), par M.
Andrea DEBONO (1855)                                               348


VOYAGE  L'LE DE CUBA, par M. Richard DANA (1859).

  Dpart de New-York. -- Une nuit en mer. -- Premire vue de Cuba.
    -- Le Morro. -- Aspect de la Havane. -- Les rues. -- La volante.
    -- La place d'Armes. -- La promenade d'Isabelle II. -- L'htel Le
    Grand. -- Bains dans les rochers. -- Coolies chinois. -- Quartier
    pauvre  la Havane. -- La promenade de Tacon. -- Les surnoms  la
    Havane. -- Matanzas. -- La Plaza. -- Limossar. -- L'intrieur de
    l'le. -- La vgtation. -- Les champs de canne  sucre. -- Une
    plantation. -- Le caf. -- La vie dans une plantation de sucre.
    -- Le Cumbre. -- Le passage. -- Retour  la Havane. -- La
    population de Cuba. -- Les noirs libres. -- Les mystres de
    l'esclavage. -- Les productions naturelles. -- Le climat.      353


EXCURSIONS DANS LE DAUPHIN, par M. Adolphe JOANNE (1850-1860).

  Le pic de Belledon. -- Le Dauphin. -- Les Goulets.              369

  Les gorges d'Omblze. -- Die. -- La valle de Roumeyer. -- La
    fort de Saou. -- Le col de la Cochette.                       385


EXCURSIONS DANS LE DAUPHIN, par M. lise RECLUS (1850-1860).

  La Grave. -- L'Aiguille du midi. -- Le clapier de
    Saint-Christophe. -- Le pont du Diable. -- La Brarde. -- Le col
    de la Tempe. -- La Vallouise. -- Le Pertuis-Rostan. -- Le village
    des Claux. -- Le mont Pelvoux. -- La Balme-Chapelu. -- Moeurs des
    habitants.                                                     402


LISTE DES GRAVURES.                                                417

LISTE DES CARTES.                                                  422

ERRATA.                                                            427




[Illustration: Vue de l'le Saint-Thomas.--Dessin de M. de Brard.]




VOYAGES AUX INDES OCCIDENTALES,

PAR M. ANTHONY TROLLOPE[1].

         [Note 1: _The west Indies and the Spanish main._ By Anthony
         Trollope. New edition, in-8.--London, Chapman and Hall's.
         1860.]

1858-1859.

DESSINS INDITS PAR M. A. DE BRARD.


M. Anthony Trollope est l'auteur de romans trs-justement estims:
rcemment charg par le gouvernement anglais d'une mission relative
aux communications postales entre la Grande-Bretagne et les Indes
occidentales, il a consign le rsultat de ses observations dans un
volume, o,  dfaut de documents scientifiques ou gologiques
nouveaux, on rencontre des apprciations, des descriptions, qui
rvlent un esprit brillant et original, et dont le tour piquant prte
un grand charme  des sujets d'ailleurs pleins d'intrt. La situation
des colonies anglaises, depuis le grand et gnreux acte
d'mancipation qui y a modifi la vie sociale et les conditions du
travail, le tableau de la colonie espagnole expose aux convoitises
des Amricains, celui des provinces de l'Amrique centrale par o
s'effectuent les communications entre les tats-Unis de l'Atlantique
et les riches provinces baignes par l'Ocan Pacifique, tous ces
thmes varis se dveloppent dans l'ouvrage de M. Trollope avec
lgance et clart,  travers des anecdotes pleines d'esprit et des
dissertations d'conomie politique sans lourdeur.


     L'le Saint-Thomas. -- La Jamaque: Kingston; Spanish-Town; --
     les _rserves_; la vgtation.

Parti le 17 novembre 1858 sur _l'Atrato_, paquebot de la _Royal Mail
Steam Packet Company_, notre voyageur arriva le 2 dcembre  l'le
Saint-Thomas. Cette petite le, qui appartient au Danemark, est le
relais principal de la Compagnie Royale dans les mers des
Antilles.--Voulez-vous aller de la Demerara dans la Guyane anglaise, 
l'isthme de Panama? il faut passer par Saint-Thomas; de Panama  la
Jamaque ou  Honduras? par Saint-Thomas; de Honduras et la Jamaque 
Cuba ou Mexico? par Saint-Thomas; de Cuba aux Bahamas? toujours par
Saint-Thomas. Sans s'y arrter, M. Trollope partit immdiatement pour
Kingston, le port principal de la Jamaque. Quelques extraits feront
connatre cette ville.

Le port de Kingston est une grande lagune, forme par un long banc de
sable qui s'tend dans la mer, commence  trois ou quatre milles
au-dessus de Kingston et reste parallle  la cte jusqu' cinq ou six
milles en dessous de la ville. Ce banc de sable se nomme les
Palissades et  l'extrmit se trouve Port-Royal. C'est le sige de
la suprmatie navale de la Grande-Bretagne dans les Indes
occidentales. C'est l qu'est le vaisseau-pavillon; on y trouve un
dock, un hpital, des piles d'ancres invalides et tous les
accessoires habituels d'un semblable tablissement.

Kingston est une ville mal btie, sans trottoirs, sans clairage: on
ne songe pas  y marcher  pied, tant la chaleur y est accablante,
mais cette ville a l'air encore moins morne que Spanish-Town, la
capitale officielle de l'le, situe  treize milles de Kingston et o
l'on se rend par chemin de fer. C'est l que vit le gouverneur; l
vivent aussi les satellites ou lunes qui entourent le luminaire
central, c'est--dire les secrtaires et les ministres. Le conseil
lgislatif et la chambre y tiennent leurs sessions.

La ville, malgr son lustre officiel, est une ville de morts: dans ses
longues rues, on ne voit passer aucun habitant: a et l, on
n'aperoit qu'une ngresse assise  une porte ou un enfant solitaire
qui joue dans la poussire.

 la Jamaque il vaut mieux, comme dit M. Trollope, tre rat des
champs que rat des villes. La contre est admirable, et le voyageur
est consol par la nature de la chert des voyages, de l'absence
d'htels et du mauvais tat des chemins. Une partie de l'le est
consacre  la culture de la canne  sucre: mais la plus grande
portion est encore couverte de forts vierges et de jungles. a et l,
en voyageant, on aperoit les jardins ou _rserves_ des ngres. Ce
sont des lots de terrain qu'ils cultivent, pour lesquels ils payent
quelquefois un loyer, mais o assez souvent ils s'installent sans rien
payer.

Ces rserves sont trs-pittoresques. Elles ne sont point remplies,
comme un jardin de paysan en Angleterre ou en Irlande, de pommes de
terre ou de choux, mais elles contiennent des cocotiers, des orangers,
des mangos, des arbres  pain et une quantit d'autres arbres  la
vgtation luxuriante, d'une grande taille et d'une remarquable
beaut. L'arbre  pain et le mango sont charmants, et je ne connais
rien d'aussi beau qu'un verger d'orangers  la Jamaque. Ils ont en
outre le yam, qui est au ngre ce que la pomme de terre est 
l'Irlandais. On n'en mange, comme pour la pomme de terre, que les
racines, mais la partie suprieure, forme de tiges grimpantes, est
soutenue comme nos vignes.

Je n'oublierai jamais le jour o je vis pour la premire fois la
vgtation tropicale dans toute sa splendeur: peut-tre le plus
prcieux de tous les arbres est le bambou. Il crot ou en bouquets,
comme les groupes d'arbres qu'on voit dans les parcs anglais, ou, ce
qui est plus commun quand on le trouve  l'tat indigne, en longues
alles le long des cours d'eau. Le tronc des bambous est un large tube
creux, et ils n'ont de feuilles qu'au sommet. Leur grande lvation,
la grce de leur courbe, l'extrme paisseur de leur feuillage qu'ils
marient en se groupant par centaines, produisent un effet que rien ne
peut surpasser.

Le cotonnier est presque aussi beau quand il est isol. Le tronc de
cet arbre s'lve majestueusement et a de magnifiques proportions: il
est ordinairement droit et n'tend ses branches qu' la hauteur o
atteindrait la cime de nos arbres ordinaires. La nature, pour
supporter une semblable masse, l'a arm de larges racines qui
s'lvent comme des contre-forts jusqu' vingt pieds au-dessus du sol.
J'en ai mesur plus d'un qui avec ses racines avait plus de trente
pieds d'paisseur. Du sommet, les branches s'tendent avec une
luxurieuse profusion et couvrent un espace immense de leur ombre.

Mais ce qui donne le caractre le plus frappant  ces arbres, ce sont
les plantes parasites qui les environnent et qui sont suspendues de
leurs branches jusqu'au sol en lianes d'une force tonnante. Ces
parasites sont de plusieurs sortes; le figuier est un de ceux dont les
embrassements sont le plus vivaces. Souvent il est si dvelopp que
l'arbre lui mme disparat et qu'on ne s'imagine plus qu'il soit
au-dessous. Quelquefois les parasites touffent l'arbre avant qu'il
ait pu atteindre toute sa croissance; mais quand il a pu se dvelopper
 temps, ils ne font plus que l'orner. Chaque branche est couverte
d'une merveilleuse vgtation, de plantes de mille couleurs et de
mille espces. Les unes tombent en longues et gracieuses lianes
jusqu'au sol, les autres pendent en boules de feuilles et de fleurs
entremles.


     Les planteurs et les ngres. -- Plaintes d'une Ariane noire.

Aprs la contre, il faut bien parler des habitants. La race blanche
et la race noire, dsormais affranchie, se trouvent en prsence: en
lisant les jugements que porte sur elles M. Anthony Trollope, on sent
trop qu'il obit quelquefois, sans le savoir peut-tre,  l'influence
des planteurs avec lesquels il s'est trouv naturellement plus en
contact; il se rend l'cho de leurs regrets, de leurs passions; il
oublie trop souvent que le mal ne peut s'effacer en un jour, et que
l'esclavage est une trs-mauvaise prparation  l'exercice de la
libert: ces restrictions faites, voyons comment M. Trollope apprcie
noirs, hommes de couleur et blancs, et quelle ide il se fait de
l'avenir de cette population mlange.

Aucun Anglais, aucun Anglo-Saxon ne serait ce qu'il est aujourd'hui
sans cette portion d'nergie sauvage qui nous vient de nos anctres
Vandales. N'est-il pas permis de supposer qu'un temps viendra o la
race qui habitera ces les charmantes, forme par la nature pour leur
brlant soleil, aura dans son sang une portion de l'nergie morale du
nord, et devra sa force physique  des anctres africains? cette race
alors ne sera pas plus honteuse du nom de noire que nous ne le sommes
de celui de Saxon.

Mais que faire, en attendant, de notre ami le noir,  son aise couch
sous le cotonnier et refusant de travailler aprs dix heures du matin?

Non, merci, matre, fatigu maintenant, pas besoin d'argent.

Telle est la rponse que le planteur suppliant reoit quand vers dix
heures du matin il prie son voisin noir de retourner dans les champs
de cannes et de gagner son second schelling, ou quand il le prie de
travailler plus de quatre jours par semaine, ou le supplie  Nol de
se contenter de dix jours de loisir. Ses cannes sont mres, il faut
les porter au moulin; mais qu'importe au ngre?

Non, moi plus travailler.

[Illustration: CARTE DES GRANDES ET DES PETITES ANTILLES. Dessine par
A. Vuillemin. Grav chez Erhard R. Bonaparte 42.]

Et qui peut blmer le noir? il est libre de travailler, libre de ne
pas le faire. Il peut vivre sans travail, s'tendre au soleil, sucer
des oranges, manger des patates: oui, et peut-tre monter  cheval, et
porter un gilet blanc, et une chemise empese le dimanche. Pourquoi se
soucierait-il du planteur? je n'irai pas nettoyer des cannes pour une
demi-couronne par jour; pourquoi lui demanderai-je de le faire? Je
puis vivre sans cela: lui aussi.

Le noir n'est pas voleur; les domestiques, qui sont tous noirs, ne
drobent jamais rien. M. Trollope assure qu'on peut impunment laisser
sous leur main argent, clefs, tout ce qu'ils considrent comme une
vritable proprit. Mais les fruits de la terre n'ont pas ce
caractre  leurs yeux: ils se les approprient sans scrupules et
vivent volontiers de maraude. Leurs besoins sont aisment satisfaits,
et sans grand prjudice pour personne, sur une terre qui sans culture
prodigue  ses habitants les fruits les plus varis et les plus
savoureux.

Le caractre de la population ngre a des cts originaux, qui ne
pouvaient chapper  un romancier tel que M. Trollope, habitu 
rechercher ce qu'il y a de plus spontan dans les manifestations du
coeur humain; le noir a, si l'on me permet le mot, une drlerie, un
sentiment du pittoresque, une navet, une vivacit dans la passion
qui le rendent souvent fort intressant: je ne puis rsister au
plaisir de citer une anecdote que raconte M. Trollope et o se
peignent trs-bien tous ces traits particuliers de la race.

[Illustration: Saint-Pierre,  la Martinique.--Dessin de M. de
Brard.]

M. Trollope se trouvait dans une petite auberge de Port-Antonio,
assis, aprs dner, dans le salon.

Je vis, dit-il, entrer une jeune demoiselle habille tout de blanc.
Elle tait, ma foi, fort bien mise, et ni crinoline, ni rubans ne
faisaient dfaut. Elle appartenait  la race noire, et ses cheveux
d'un noir de jais, cotonneux et pourtant onds, taient, suivant la
mode, peigns en arrire. D'o elle venait et qui elle tait, je
l'ignorais et ne l'ai jamais appris. Elle tait, je pense, en termes
familiers dans la maison; je le prsumai en la voyant remuer les
livres et les petits ornements sur la table et arranger des tasses et
des coquillages sur un rayon.

Hlas! se mit-elle  dire quand je l'eus observe pendant une minute
environ.

Je savais  peine comment l'accoster: et pourtant il fallait tre
poli.

Ah, oui, hlas! rpta-t-elle.

Il tait ais de voir qu'elle avait un chagrin  raconter.

Madame, lui dis-je (je ne savais, faute d'introduction, comment
commencer mon discours), madame, je crains que vous n'ayez quelque
chagrin.

[Illustration: Cataracte de Weinachts, Guyane anglaise--Dessin de M.
de Brard.]

--Du chagrin! dit-elle; je suis dans la plus profonde affliction.
Hlas! enfin! le monde doit finir un jour.

Et tournant son visage droit sur le mien, elle croisa ses mains.
J'tais assis sur un sofa; elle vint s'asseoir prs de moi, croisant
ses mains sur ses genoux et regardant le mur oppos.

Oui, tout doit finir un jour pour nous tous, rpondis-je. Mais pour
vous, tout commence  peine.

--Ceci est un bien mchant monde, et le plus tt fini, le meilleur.
tre ainsi traite! briser ainsi le coeur d'une jeune fille! il est
bris, compltement bris, je le sais bien.

Et en parlant ainsi, elle avait pos ses mains de faon  me laisser
voir qu'elle n'avait pas oubli ses bagues.

C'est donc l'amour qui vous tourmente?

--Non! dit-elle brusquement, se tournant vers moi et plongeant ses
yeux noirs dans les miens. Non, je ne l'aime pas un brin,--ni
maintenant, ni jamais. Non, si je le voyais l suppliant....

Et elle frappa son petit pied par terre comme s'il y avait un cou
imaginaire sous son talon.

Mais vous l'avez aim?

--Oui.

Ici elle se mit  parler trs-doucement, en remuant gentiment sa
tte.

Je l'ai aim, oh! tant aim! Il tait si beau, si charmant. Jamais je
ne verrai un tel homme: des yeux, une bouche! et puis un si beau nez!
C'tait un juif, vous savez.

Je ne l'avais jamais su et je l'appris peut-tre avec une lgre
surprise.

C'tait bien fait, n'est-ce pas? Moi qui suis baptiste, vous savez.
On m'a expulse de la congrgation, je le sais bien. Mais je ne m'en
souciais bien!

Et elle se mit  frapper gentiment une de ses mains avec l'autre en
souriant; c'est une manie des femmes de couleur dans ce pays quand
elles sont engages dans une conversation agrable.  ce moment, je
commenai  me sentir assez intime pour lui demander son nom.

Josphine est mon nom. Aimez-vous ce nom?

--Il est presque aussi joli que celle qui le porte.

--Jolie? non, je ne suis pas jolie. Si j'tais jolie il ne m'aurait
pas laisse l. Il a promis  une autre de l'pouser; mais peut-tre
la trompera-t-il aussi.

Il tait facile de voir que cette ide ne lui dplaisait pas.

Alors il vous reviendra?

--Oui, oui, et je lui cracherai  la figure.

Et dans la furie de son esprit, elle excuta positivement le
simulacre de sa vengeance.

Je voudrais qu'il revnt, je m'assirais ainsi et j'couterais.

Et elle croisa ses mains et prit un air de calme dignit qui lui
convenait fort.

J'couterais chaque mot, comme cela, jusqu' ce qu'il et fini, et
puis je sourirais.

Et elle sourit.

Et puis il m'offrirait sa main.

Et elle tendit la sienne.

Et puis je lui cracherais  la figure et tournerais le dos.

Et se levant majestueusement, elle sortit rapidement de la chambre.

Comme elle fermait la porte derrire elle, je crus que l'entrevue
tait termine, et que je ne reverrais plus ma jeune amie; mais je me
trompais. La porte fut bientt rouverte, et elle se rassit  ct de
moi.

Votre coeur, lui dis-je, vous permettrait de faire de semblables
choses, et  un homme qui a un si beau nez?

--Oui; je me mpriserais maintenant, si je le reprenais, ft-il
encore plus beau. Mais je suis sre d'une chose, je n'aimerai jamais
aucun autre, jamais. Il dansait si bien!


     La toilette des ngresses. -- Avenir des multres.

Le got de la parure est, comme on sait, trs-dvelopp dans la race
noire. Il n'y a rien de plus tonnant que le costume des femmes: Il
est impossible de leur refuser, dit M. Trollope, beaucoup de got et
une grande facult d'assimilation. En Angleterre, parmi nos femmes de
chambre et mme nos filles des champs, la crinoline, les fleurs
artificielles, les longues tailles, les manches flottantes, sont
devenues communes; mais elles ne les portent pas comme si elles y
taient habitues. Elles ont gnralement dans leurs habits de
dimanche quelque chose d'emprunt. Chez les ngresses, rien de pareil.
D'abord elles ne connaissent pas la honte; ensuite, elles ont
gnralement de belles proportions et savent les faire valoir. Leurs
costumes, les jours de fte et les dimanches, sont assurment
merveilleux. Elles ne se contentent pas de calicots imprims: il leur
faut des mousselines et des soies lgres, je ne sais  combien le
mtre. Elles portent des robes d'une norme ampleur. On peut voir, par
un dimanche matin, trois dames occuper toute la largeur d'une rue qui,
le jour prcdent, frottaient de la vaisselle ou portaient des pois
sur leur tte dans la ville. Cela ne les empche pas de se promener
dans leur belle toilette comme si elles n'avaient port rien d'autre
depuis l'enfance.

Un dimanche soir, j'tais trs-loin dans la campagne,  cheval, avec
un planteur, qui me promenait dans sa proprit; je vis passer une
jeune fille qui s'en revenait  pied de l'glise. Elle tait, des
pieds  la tte, vtue de blanc. Elle avait des gants et tenait un
parasol ouvert. Son chapeau de paille tait aussi clair, orn de
dentelles blanches. Elle marchait avec une majest digne d'un tel
costume; par derrire venait sa suivante portant le livre de prires
de la jeune personne sur la tte. Une ngresse porte tout sur la tte,
depuis la cruche remplie d'eau qui pse cent livres jusqu' une
bouteille de pharmacien.

Quand nous arrivmes prs d'elle, elle se retourna et nous salua.
Elle salua, car elle reconnut son matre, mais avec beaucoup de
dignit, car elle avait conscience de sa belle toilette. La fille qui
suivait derrire avec le livre de prires fit la rvrence ordinaire,
en se baissant puis se relevant plus vite que la pense.

Qui est cette princesse? dis-je  mon compagnon.

--Vous voyez deux soeurs qui travaillent toutes deux  mon moulin,
dit mon ami. Dimanche prochain les rles vont changer. Polly aura le
parasol et le chapeau, et Jenny portera le livre de prires derrire
elle sur sa tte.

La race mle est celle qui parat  M. Trollope destine  recueillir
l'hritage de la prosprit des anciens planteurs. Le multre, bien
qu'il soit sous certains aspects une dtrioration du ngre, sous
d'autres du blanc, l'emporte aussi sur tous deux sous certains
rapports. En rgle gnrale, il ne peut pas travailler comme fait le
noir. Il ne pourrait pas rester dans les champs de canne pendant seize
heures sur vingt-quatre, comme fait l'esclave de Cuba; mais il peut
travailler sans danger sous un ciel tropical et faire une bonne
journe. Il n'est pas sujet  la fivre jaune comme le blanc, et il
est aussi protg par sa constitution contre les effets de la chaleur
que le climat l'exige.

Il n'y a pas encore eu, que nous sachions, de Galile, de Shakspeare
parmi les multres. Il est possible mme qu'il y en ait peu qui
puissent se rendre un compte exact du gnie de tels hommes. Mais nier
que le multre ait une large part de l'intelligence et de l'ambition
de ses anctres blancs, c'est je crois une sottise et de plus une
mchancet; parce qu'une telle assertion ne peut natre que d'un
injuste dsir de leur fermer les portes du progrs.

Les hommes de couleur se rattachent par toutes les nuances possibles,
d'une part au noir, de l'autre au blanc; les neuf diximes ne peuvent
pas cacher leur origine, mais il y a une petite fraction qu'un oeil
exerc seul peut distinguer de la race blanche: malheureusement la
jalousie des planteurs et les prjugs maintiennent des barrires qui
survivent aux lois qui consacraient jadis l'ingalit des races.
L'avenir appartient pourtant aux hommes de couleur; on en compte plus
de soixante-dix mille tandis qu'il n'y a que quinze mille blancs, et
si l'mancipation peut attirer encore dans les Indes occidentales des
coolies ou des Chinois, elle n'y attire plus d'Europens. L'homme
blanc a pass l, il y a laiss sa trace: il a maintenant d'autres
provinces  conqurir.

Heureusement, dit M. Trollope, les hommes de couleur sont capables
des travaux les plus levs comme les plus humbles. Ils y russissent
au grand dpit de la classe qui s'estime suprieure. Ils gagnent de
l'argent et savent en jouir. Ils savent tre hommes d'tat, avocats,
mdecins. Qu'un tranger se promne dans les boutiques de Kingston, et
il verra combien d'entre elles appartiennent  des hommes de couleur;
qu'il aille au parlement, et il verra quel rle ils jouent dans les
dbats.

Pour les blancs la Jamaque n'est plus ce pays de Cocagne o l'on
accumulait jadis, grce au travail servile, des richesses colossales
en peu d'annes: ni ducs, ni comtes ne viennent plus gouverner l'le
avec grand apparat. Le gouvernement n'en est gure plus recherch que
celui de la Nouvelle-Zlande ou de la Colombie anglaise: la main
d'oeuvre fait dfaut aux planteurs; il y a trop de montagnes, de pays
pastoral dans l'le, pour que les trois cent mille noirs qui s'y
trouvent aujourd'hui soient forcs de venir demander du travail dans
les champs de canne. Disons ensuite que la comptition de Cuba, du
Brsil, de Porto-Rico, des tats-Unis, o l'esclavage existe encore et
prend chaque jour plus d'extension, est dsastreuse pour la Jamaque.
Une rcolte abondante  Cuba peut, dans certaines annes, abaisser le
prix du sucre  un taux ruineux pour le planteur de la colonie
anglaise. L'abolition de l'esclavage aux tats-Unis suffirait pour
rendre aux Indes occidentales leur ancienne splendeur.


     Les petites Antilles. -- La Martinique. -- La Guadeloupe. --
     Grenada.

Quittons les grandes Antilles sans nous arrter  Cuba o nous
reviendrons un jour, et entrons dans les petites Antilles dont
l'archipel s'tend en ligne recourbe depuis Porto-Rico jusqu' la
Guyane anglaise,  l'embouchure de l'Ornoque. Passons rapidement
devant Saint-Thomas, Saint-Christophe, communment nomm Saint-Kitts
et Nevis, petites colonies prospres qui exportent chaque anne plus
de sucre: de Nevis  Antigua on aperoit l'lot de Montserrat (voy. t.
I, p. 177). Antigua a un excellent port, nomm English Harbour, qui
autrefois servait de station navale. De l on arrive  la Guadeloupe,
et, aprs avoir long la Dominique,  la Martinique, qui est aussi
franaise.

Nous retrouvons dans ces les, dit M. Trollope, les riches et
sauvages beauts des admirables les de la mer des Carabes. Les
montagnes groupes dans les deux colonies franaises sont trs-belles,
et les collines sont couvertes jusqu' leur sommet de la plus
admirable vgtation. Dans chacune de ces les on est frapp par la
grande supriorit des villes principales sur celles des colonies qui
nous appartiennent: celle de la Guadeloupe se nomme Basse-Terre et la
capitale de la Martinique est Saint-Pierre. Ces villes offrent un
contraste avec Roseau et Port-Castries, les localits les plus
importantes des deux les adjacentes anglaises de la Dominique et de
Sainte-Lucie. On dbarque dans les ports franais sur d'excellentes
jetes, par des escaliers commodes. Les quais sont ombrags par des
arbres, les rues propres et en bon tat: les boutiques montrent que le
commerce est prospre. Des conduits amnent de l'eau courante dans la
ville. Les colons franais, croles ou Europens, considrent les
Indes occidentales comme leur pays. Ils ne tournent pas sans cesse un
oeil de regret sur la France. Ils se marient, ils travaillent, ils
btissent pour la colonie et pour la colonie seulement. Chez nous il
en est autrement. On considre nos colonies des Indes comme un logis
temporaire qu'il faut dserter ds qu'on a gagn assez d'argent en
faisant du sucre et de la mlasse.

[Illustration: Une sucrerie  la Guadeloupe, ancien systme.--Dessin
de M. de Brard.]

La Dominique et Sainte-Lucie exportent chacune annuellement six mille
tonnes environ de sucre, la Martinique jusqu' soixante mille.

C'est depuis 1814 que la Martinique et la Guadeloupe, avec l'lot
insignifiant de Marie-Galante, ont t politiquement spares de la
Dominique et de Sainte-Lucie, bien que ces deux les soient toutes
franaises par le langage, les moeurs, la religion et mme en partie
par les lois.

Au del de ce groupe intressant, nous rencontrons Barbados qui est
comme la sentinelle avance de la chane des petites Antilles:
Barbados, le tout anglaise, fire de sa richesse; puis Saint-Vincent
qui jadis a, pendant quelque temps, appartenu  la France; on ctoie
ensuite le petit archipel des Grenadines jusqu' Grenada, le quartier
gnral des fruits de la terre, comme l'appelle M. Trollope, o l'on
mange les meilleurs ananas, oranges et mangos des Antilles. La
capitale, Saint-George, est une ville bien btie: encore importante,
bien que Grenada soit aujourd'hui bien dchue de son ancien rang. Nous
arrivons enfin  la Guyane anglaise.


     La Guyane anglaise. -- Une sucrerie.

Cette colonie est divise en trois provinces: Berbice, Demerara,
Essequibo, qui prennent les noms des trois grandes rivires du pays.
George-Town est la capitale de Demerara. La Guyane est une immense
plaine de sol alluvial, d'une extrme fertilit: il n'y a d'autre
limite  la production du sucre et du caf que la quantit de
main-d'oeuvre disponible. Ds aujourd'hui la Guyane a quelque raison
de se glorifier de ses efforts; elle exporte plus de sucre et de rhum
qu'aucune autre colonie des Indes Occidentales. Barbados fournit 
l'Europe cinquante mille tonnes de sucre; Trinidad et la Jamaque
moins de quarante mille; la Guadeloupe un peu plus de cinquante mille;
la Guyane anglaise soixante-dix mille. Toute la contre cultive
prsente une particularit digne de notice. Les transports se font
par eau, non-seulement des sucreries  la ville, mais des champs aux
sucreries et mme de champ  champ. Tout le pays est coup par des
drains qui sont ncessaires pour l'coulement des eaux superficielles;
il n'y a point de pente naturelle, et sans des digues et des coupures,
le pays serait submerg pendant la saison des pluies. Paralllement
aux drains circulent les canaux: il y en a ordinairement un entre deux
drains. Ces canaux ne sparent pas seulement de vastes champs et ne se
trouvent pas  une trs-grande distance les uns des autres; ils
traversent chaque parcelle de faon que les cannes, une fois coupes,
ne sont jamais transportes qu' trs-petite distance. L'entretien de
ces travaux est cher; mais leur construction a d exiger un travail
immense: c'est l'oeuvre des Hollandais. On peut se demander si aucune
autre race aurait eu assez de patience pour excuter un tel travail.

[Illustration: La Pointe--Ptre,  la Guadeloupe.--Dessin de M. de
Brard.]

C'est  la Guyane, qu'on applique le plus largement, dans la
fabrication du sucre, les mthodes perfectionnes qui permettent aux
producteurs coloniaux, depuis l'abolition du travail servile, de
retrouver leurs anciens profits. Veut-on avoir une ide des procds
employs dans cette fabrication: voici la description qu'en donne M.
Trollope.

La canne est coupe aprs quatorze mois environ de croissance. On la
porte au moulin o l'on en exprime le jus. La canne ne doit pas rester
deux jours coupe avant d'tre crase. Il faut l'envoyer au moulin le
lendemain de la rcolte, ou, si l'on peut, quelques heures aprs. 
Demerara les cannes sont toujours transportes au moulin par eau; 
Barbados, dans des charrettes tranes par des mulets;  la Jamaque,
dans des wagons tirs par des boeufs; de mme  Cuba. Un moulin se
compose de trois cylindres laminoirs. Les cannes passent entre deux de
ces cylindres, le premier par exemple et celui du milieu; et le rsidu
(qu'on appelle _trash_  la Jamaque, _magasse_  Barbados et
Demerara) revient entre le cylindre central et le troisime. Le jus
descend dans une citerne. Les cylindres sont trs-rapprochs, au point
qu'il semblerait impossible d'y faire pntrer les cannes; elles
passent avec facilit, quand le moulin est fort et en bon tat; avec
difficult dans le cas contraire (comme  Barbados). Les cannes
donnent de soixante  soixante-dix pour cent de jus; quelquefois moins
de soixante; rarement au del de soixante-dix.

Le jus, qui est alors d'une couleur jaune sale, et qui a apparemment
la consistance du lait, est amen du moulin par un tube dans une vaste
chaudire o on opre la _dfcation_, opration qui consiste  y
ajouter de la chaux pour en dtruire l'acidit. Dans cette premire
chaudire, il est chauff lgrement; puis on l'envoie dans d'autres
chaudires o il est soumis  l'bullition. On les nomme _taches_ 
Barbados. Auprs de chacune se tient un homme avec une grande
cumoire, occup  ramasser toutes les impurets qui flottent  la
surface. Il y a de trois jusqu' sept de ces chaudires; au-dessous
d'elles est un dernier bouilleur; c'est l que le jus devient
saccharin. Dans les taches, surtout dans les premires, la liqueur
devient vert fonc.  mesure qu'elle se rapproche du bouilleur, elle
s'paissit et prend sa teinte bien connue, analogue  celle du tain.

Prs du dernier bouilleur se tient l'homme qui fait le sucre. C'est 
lui de rgler convenablement la chaleur. Quand la matire est  l'tat
convenable, on fait descendre dans la chaudire une autre chaudire
qui s'y embote presque exactement; le sucre s'y coule et la remplit.
Ce vase ainsi rempli est relev; au fond est une valve qui, une fois
ouverte  l'aide d'une ficelle, laisse couler le liquide chaud. Cette
chaudire mobile est manoeuvre par une grue, et on l'amne en
position pour faire couler le sucre dans les grands rservoirs
dcouverts o il se refroidit.  cette phase de l'opration, diverses
mthodes sont mises en usage. L'ancienne routine consiste  faire
simplement refroidir le sucre dans des rservoirs, puis  le verser
dans des seaux  l'tat demi-solide, et enfin dans ce que l'on nomme
les _hogsheads_.

Dans les nouvelles mthodes plus avances, le sucre, en sortant de la
chaudire mobile, coule dans des sacs qui le filtrent; on l'lve
ensuite  l'aide d'une pompe dans un grand rservoir o l'on opre le
vide. Puis on le rchauffe, et on le met dans des botes rondes qu'on
nomme centrifuges, dont les cts sont faits en toile mtallique. On
imprime  ces botes un mouvement de rotation d'une vitesse
extraordinaire; les molasses sont exprimes ainsi  travers les parois
et laissent le sucre dessch et presque blanc. Il est alors tout prt
 tre mis dans les _hogsheads_ et charg  bord des navires.

Mais avec le procd ordinaire, les molasses se sparent du sucre
dans le hogshead; pour faciliter l'coulement, on y plante des tiges
qui communiquent avec des trous placs dans le fond, pour qu'il se
forme ainsi des canaux que les molasses puissent suivre. Les hogsheads
sont debout sur des poutres places  un pied les unes des autres;
au-dessous est un noir abme o les molasses tombent.

Il y a bien des procds intermdiaires entre le trs-civilis
rservoir  vaporation dans le vide et le simple refroidissement: le
sucre se fait trs-rapidement quand les appareils sont bons. Un
planteur de Demerara m'a assur qu'il avait coup ses cannes le matin
et que son sucre tait arriv  George-Town dans l'aprs-midi.


     Barbados. -- La Trinidad

Laissons derrire nous la Guyane anglaise,  laquelle M. Trollope
promet un trs-brillant avenir, et suivons-le dans ses voyages. Le
voici d'abord  Barbados, qui, ainsi que nous l'avons dit, fait partie
des petites Antilles:

Barbados, dit-il, est une trs-respectable petite le qui fait une
grande quantit de sucre. Elle n'est pas pittoresquement belle, comme
presque toutes les autres Antilles, et par consquent prsente peu
d'attrait au voyageur. Mais cette absence mme de beaut scnique l'a
prserve du sort de ses voisines. Un pays qui est coup en paysages,
qui se vante de ses montagnes, de ses bois, de ses cascades, qu'on
admire pour ses grces sauvages, est rarement propice  l'agriculture.
Une portion de la surface dans de tels pays dfie toujours les efforts
du cultivateur. De plus, une telle contre sous les tropiques offre
toutes les sductions possibles au ngre indpendant.  la Jamaque, 
la Dominique,  Sainte-Lucie,  Grenade, le ngre mancip a pu
chercher un tablissement et devenir heureux;  Barbados, il n'y avait
pas un pouce pour lui.

Il a donc t oblig de continuer  travailler et  faire du sucre, 
travailler tout autant qu'il faisait tant esclave. Il en est rsult
que la main d'oeuvre a t abondante dans cette le, et dans cette le
seulement; et que, pendant la crise des Indes occidentales, elle a
tenu bon et continue  produire.

L'le n'a que vingt milles de long sur douze environ de large, et la
population par hectare y est plus leve que dans la Chine elle-mme;
l'le compte cent cinquante mille habitants, plus que les immenses
plaines de la Guyane. Les ngres de Barbados sont trs-intelligents,
en partie sans doute parce qu'ils sont constamment appliqus au
travail. Les _Bimo_, c'est le nom que se donnent les habitants blancs,
gagnent beaucoup d'argent, bien qu'ils emploient des procds bien
plus grossiers que ceux de Demerara, de Cuba, de la Trinit, et mme
de la Jamaque. Ils ne conservent la fertilit de leurs champs qu'
l'aide du guano; la terre est tellement puise que les cannes coupes
ne repoussent plus aussi aisment que dans les autres Antilles; ds la
deuxime anne, le rendement diminue d'une manire trs-sensible.
L'habitude de brler la magasse ou canne crase et de ne rien rendre
au sol commence, sur ce point,  faire sentir ses effets. Que
dirait-on, en Angleterre, de quelqu'un qui brlerait sa paille?  cela
on dira que l'agriculteur anglais n'est pas dans la ncessit de
brler sa paille; il n'a pas besoin de faire cuire son froment, ni ses
moutons ou ses boeufs, tandis que le fermier de Barbados est tenu 
faire cuire sa rcolte; mais pourquoi le fait-il avec le rsidu mme
de ce que lui fournit sa terre? Il ne pourrait peut-tre pas mettre de
charbon directement sous ses chaudires, mais il pourrait les chauffer
avec de la vapeur, ce qui reviendrait au mme. Tout ceci s'applique
non-seulement  Barbados, mais  la Guyane,  la Jamaque et aux
autres les. Partout on brle la magasse; mais nulle part l'engrais
n'est aussi ncessaire qu' Barbados; on ne peut pas y mettre en
culture du sol vierge, quand on en a besoin, comme  la Guyane.

Trinidad est la plus mridionale des Antilles, et se trouve en face
du delta de l'Ornoque; elle tend deux pointes semblables  deux
cornes vers le continent, de faon  former une sorte de petite mer
intrieure comprise entre la terre ferme et l'le, qui se nomme le
golfe de Paria. C'est dans cette baie que sont situes les deux
villes, Port-d'Espagne et San Fernando. Les dtroits par o on arrive
de l'Ocan dans le golfe sont extrmement pittoresques, surtout du
ct de Port-d'Espagne. Cette ville elle-mme est grande, trs-bien
situe, avec des rues  angle droit, comme on le voit dans toutes les
villes neuves. Tout a t prpar pour une population beaucoup plus
grande que celle qui y rside actuellement, et on y voit  prsent
beaucoup de vides et de lacunes. Mais le temps viendra, et cela
bientt, o ce sera la meilleure ville des Indes occidentales
anglaises. Il y a aujourd'hui  Port-d'Espagne un esprit d'entreprise
commercial bien diffrent de la somnolence de la Jamaque et de
l'apathie des petites villes.

L'intrieur mme de l'le est trs-peu connu, et il n'y a qu'une
trs-petite partie qui soit cultive; tout rcemment on a fait une
reconnaissance scientifique, et l'on prtend y avoir trouv beaucoup
de charbon, mais les rsultats de cette exploration n'ont pas encore
t publis.

On sait que cette colonie a, elle aussi, appartenu jadis  la France;
elle en a conserv le langage, les manires et la religion. Il y a un
archevque catholique dans l'le; le gouvernement anglais lui paye des
appointements, mais il ne les rserve pas  son propre usage et les
emploie  des oeuvres de charit.


     La Nouvelle-Grenade. -- Sainte-Marthe. -- Carthagne. -- Le
     chemin de fer de Panama.

Aprs avoir touch encore une fois  Saint-Thomas, s'y tre promen
une fois de plus au milieu des Espagnols, des Danois, des ngres, des
Yankees, population mle, mdiocrement morale et intressante, que
l'amour de l'argent amne dans la station principale de la Compagnie
Royale anglaise, M. Trollope partit pour la Nouvelle-Grenade et
l'isthme de Panama. Ses observations sur ces rgions, les moins
connues peut-tre du continent amricain, mritent d'tre rapportes
fidlement.

La Nouvelle-Grenade est, comme on sait, la plus septentrionale des
rpubliques de l'Amrique du Sud; c'est la plus rapproche de l'isthme
dont elle comprend une partie considrable, puisque le territoire du
golfe de Darien et le district de Panama sont compris dans les limites
de la Nouvelle-Grenade.

Il n'y a pourtant pas longtemps que la Nouvelle-Grenade formait une
partie seulement de la rpublique de la Colombie, dont Bolivar fut le
hros. Comme les habitants de l'Amrique centrale trouvrent ncessaire
de diviser leurs tats en plusieurs rpubliques, ainsi firent ceux de la
Colombie. Les hros et patriotes de Caracas et Quito ne voulurent pas
consentir  tre gouverns par Bogota; et d'un tat on en fit trois: la
Nouvelle-Grenade, dont la capitale est Bogota; Venezuela, dont la
capitale est Caracas,  l'est de la Nouvelle-Grenade, et la rpublique
de l'quateur, situe au sud, avec Guayaquil comme port principal sur le
Pacifique, et Quito, comme capitale. Le district de Colombie tait un
des plus splendides apanages du trne d'Espagne  l'poque o ces
apanages taient dans leur plus grand clat. La ville et le port de
Carthagne, sur l'Atlantique, taient admirablement fortifis, comme
aussi Panama, sur le Pacifique. Les villes d'ordre infrieur taient
populeuses, florissantes et pour la plupart assez civilises.

Voyons pourtant ce qu'elles sont aujourd'hui. Voici la description de
Sainte-Marthe, le premier port o descendit M. Trollope:

Sainte-Marthe est un misrable village, bien qu'on l'appelle une
ville, o nous conservons, par une inconcevable cruaut, un consul
anglais et une poste. Il y a une cathdrale du vieux style espagnol,
avec l'autel plac, non dans le choeur, mais vers la porte
occidentale, et, m'a-t-on dit, un archevque. Il semble qu'il n'y a
aucun commerce dans ce lieu, qui parat tout  fait mort. Quelques
enfants noirs ou presque noirs courent dans les rues  l'tat de
nudit.

[Illustration: Le Port d'Espagne  la Trinidad--Dessin de M. de
Brard.]

Tous mes prdcesseurs, ici, sont morts de la fivre, me dit le
consul d'un air de triomphe. Que peut-on dire  un homme sur un sujet
si sensiblement mortel? Et ma femme a t prise de la fivre treize
fois! Cieux! quelle existence!

C'est prs de Sainte-Marthe que mourut Bolivar. En vritable Anglais,
notre voyageur ne manqua pas d'aller visiter la petite et simple villa
o le 17 dcembre 1830, le clbre hros de l'indpendance rendit le
dernier soupir.

Carthagne, o il alla par mer en quittant Sainte-Marthe, est une plus
belle ville, mais elle est aussi en pleine dcadence. Elle n'est ni
si dsole ni si morte que Sainte-Marthe. Les boutiques y sont
ouvertes sur les rues, comme dans toutes les autres villes; on voit
quelques hommes et femmes  l'occasion sur la place, et il y a quelque
commerce de volailles, sinon d'autre chose.

Je rencontrai  Carthagne une famille du pays qui faisait un voyage,
de Bogota au Prou. En regardant une carte, on devrait croire qu'un
voyage de Bogota  Buenaventura, sur le Pacifique, est facile et
court. La distance  vol d'oiseau ( vol de condor, devrait-on dire
plus exactement ici) ne serait que de deux cents milles environ. Et
pourtant cette famille, o l'on comptait une vieille femme, tait
venue  Carthagne, aprs tre reste vingt jours en route; il lui
restait  faire un long voyage de mer jusqu' l'isthme et la traverse
jusqu' Panama, et  faire encore un voyage de mer sur le Pacifique.
Le fait est qu'il n'y a aucun moyen de faire le voyage par terre, sauf
par quelques chemins d'une extrme difficult. Bogota est  trois cent
soixante-dix milles de Carthagne, et on peut  peine faire le voyage
en moins de quatorze jours.

[Illustration: La baie de Panama.--Dessin de M. de Brard.]

De Carthagne, M. Trollope se rendit par mer  l'isthme et dbarqua 
Aspinwall, d'o part le chemin de fer qui va  Panama. Aspinwall a
pris le nom d'un des ngociants de New-York qui ont excut cette
ligne si importante malgr sa petite tendue. C'est une petite ville
misrable encore, malsaine, mal situe, qui ne doit l'existence qu'au
chemin de fer et  l'immense trafic dont elle est devenue le centre en
peu d'annes.

La construction du chemin de fer de Panama a t, malgr la petite
distance de cette ville  Panama, une entreprise des plus ardues: la
difficult principale a t le dfaut de main-d'oeuvre.

La ligne a t perce  travers une fort continue, et sur la plus
grande partie du trajet, le long de la rivire Chagres. Rien ne
pouvait tre plus malsain que de tels travaux, et en consquence les
hommes prissaient rapidement. Le taux lev des salaires avait attir
ici beaucoup d'Irlandais, mais beaucoup y trouvrent leur tombeau. On
essaya des Chinois, mais ils taient tout  fait incapables d'un tel
travail, et, quand ils se trouvaient trop malheureux, ils avaient la
mauvaise habitude de se pendre. Les ouvriers les plus utiles taient
ceux qui venaient de Carthagne, mais on ne les obtenait qu'
trs-grand prix.

La ligne entire traverse des forts et des taillis o l'on peut
admirer l'paisse vgtation des tropiques, et elle prsente par l
beaucoup d'intrt. Mais il n'y a rien de remarquable dans les
paysages, pour ceux au moins qui ont dj eu l'occasion de voir des
forts des tropiques. La vgtation est si rapide, que les bandes de
terrain adjacentes  la ligne, et qui ont environ vingt mtres de
largeur de chaque ct, doivent tre dfriches tous les six mois;
abandonnes pendant un an, elles se couvriraient d'pais taillis de
douze pieds de hauteur. Tous les quatre milles environ, on rencontre
de grandes maisons en bois, maisons coquettes, bties avec beaucoup de
got, o demeure un surveillant avec un certain nombre d'ouvriers. Ces
hommes reoivent leurs provisions et tout ce qui leur est ncessaire
de la compagnie; car il n'y a ici ni villages o des ouvriers pussent
vivre, ni boutiques o ils pussent faire leurs achats, ni main
d'oeuvre disponible  volont.

Panama est sans aucun doute devenue une ville importante pour les
Anglais et les Amricains, et le nom en est aujourd'hui familier  nos
oreilles. C'est pourtant un lieu dont la gloire est dchue. C'tait
jadis une grande ville espagnole, bien fortifie, avec trente mille
habitants environ. Maintenant les fortifications ont  peu prs
disparu, les glises tombent en ruines, comme les vieilles maisons, et
l'ancienne population espagnole s'est vanouie. Quoi qu'il en soit,
c'est encore la premire ville d'un tat, et le congrs y sige. Il y
a un gouverneur et des juges; mais sans les passagers de l'isthme, il
ne resterait bientt plus rien de Panama.


     Costa Rica: San Jos; le Mont-Blanco. -- Le Srapiqui. --
     Greytown.

 Panama, M. Trollope s'embarqua sur le vaisseau de guerre anglais
_Vixen_, qui le conduisit  Punta Arenas, sur la cte de Costa Rica;
de l, il fit un petit voyage par terre jusqu' San Jos, la capitale
de cet tat, avec le capitaine du _Vixen_.

Nous partmes le premier jour sur un chemin de fer, car il y a un
_tramway_ qui pntre jusqu' douze milles dans la fort. Nous tions
trans sur ce chemin de fer par une excellente mule. On nous avait
recommand de passer la premire nuit  un endroit nomm Esparza, o
il y a une dcente auberge. Mais avant de quitter Punta Arenas, nous
apprmes que don Juan Raphal Mora, le prsident de la rpublique,
venait par le mme chemin, avec une nombreuse retenue, pour inaugurer
les premiers travaux du canal projet par un Franais, M. Belly. Il
devait sur sa route rencontrer son confrre, prsident de la
rpublique voisine, le Nicaragua,  San Juan del Sur, et c'est 
quelque distance de l que devait commencer ce grand travail. Il se
proposait de passer la nuit avec sa troupe  Esparza. Nous nous
dcidmes en consquence  pousser plus loin, et en effet nous y
trouvmes don Juan.--Il y tait arriv quelques heures avant nous, et
sa suite remplissait le petit htel.

Les jours suivants, les voyageurs s'levrent peu  peu au sommet du
plateau lev o se trouve la capitale San Jos. C'est une ville 
l'aspect assez ordinaire, avec quelques monuments, une place, des
casernes, etc.: elle est situe  quatre mille cinq cents pieds
au-dessus du niveau de la mer; aussi, bien que sous les tropiques, et
 dix degrs seulement de la ligne, elle jouit d'un bon climat, et la
chaleur n'y est jamais excessive.

Aucun climat ne peut tre plus favorable que celui de Costa Rica. La
canne  sucre y vient  maturit beaucoup plus vite qu' Demerara ou 
Cuba. Le sol, sans engrais, y fournit deux rcoltes par an. Le caf y
vient trs-bien: le sol est volcanique et d'une indescriptible
fertilit; et on a tous ces biens sans cette intensit de chaleur qui
dans toutes ces rgions mridionales accompagne gnralement la
fertilit tropicale, et y rend le travail mortel pour les blancs. Je
ne parle, bien entendu, que des parties centrales, qui sont  quelques
milliers de pieds au-dessus du niveau de la mer. Le long des ctes de
l'Atlantique comme du Pacifique, la chaleur est aussi grande et le
climat aussi malsain que dans la Nouvelle-Grenade et les Indes
occidentales. Il serait difficile de trouver une ville plus mal
partage sous ce rapport que Punta Arenas. Mais, bien que le plateau
de San Jos et l'intrieur de la contre en gnral soient si
favorablement situs, je ne puis pas dire que la nation soit prospre.
Ceux qui russissent le mieux ici, comme commerants et comme
agriculteurs, sont les Allemands. Presque tous ceux qui font des
affaires sur une chelle un peu grande sont des trangers,
c'est--dire ne descendent pas des Espagnols. Il y a ici des Anglais,
des Amricains, des Franais; mais, je crois que les Allemands sont le
mieux maris au pays. Les meilleures terres  caf sont entre les
mains des trangers, ainsi que les plantations de cannes et les
scieries pour la prparation des bois: leur tche est difficile; la
main d'oeuvre est extrmement rare et chre. Le peuple n'est pas
paresseux comme sont les ngres, il aime l'argent et l'pargne, mais
les habitants sont peu nombreux, ils possdent tous de la terre, et
sont  l'aise. Aux environs de San Jos, une journe d'homme vaut cinq
francs, encore ne peut-on toujours l'obtenir  ce prix.

Les habitants de Costa Rica sont naturellement d'origine espagnole,
mais ici, comme dans toutes les contres voisines, le sang est
trs-ml; le sang espagnol pur est, je pense, une rare exception.
Cela se voit mieux dans la physionomie que dans la couleur, et se
remarque surtout dans les cheveux. Il y a un mlange de trois races,
de l'Espagnol, de l'Indien aborigne et du ngre; mais les traces de
ce dernier sont relativement plus faibles. Les ngres, hommes ou
femmes, tout  fait noirs, d'origine ou de famille purement africaine,
sont trs-rares.

Aux environs de San Jos, il y a une montagne volcanique dont le nom
est Irazu. On m'informa qu'elle fumait encore, bien qu'videmment elle
ne donnt point de lave. La contre entire est remplie de pareilles
montagnes. Il y en a une, le Mont-Blanco, dont le sommet n'a jamais
t atteint; telle est du moins la rumeur dans Costa Rica;
trs-distante, enveloppe d'autres montagnes, qu'on ne peut atteindre
qu'en traversant d'paisses forts vierges; elle lance encore, et cela
constamment, de la lave enflamme.

On a fait diffrentes excursions pour monter sur ce Mont-Blanco, mais
jusqu'ici en vain. Il n'y a pas longtemps, l'ascension fut tente par
un baron franais, mais lui et son guide restrent vingt jours dans
les forts et s'en revinrent, faute de provisions.

Vous devriez faire l'ascension du Mont-Blanco, me dit sir William
Ouseley (sir William Ouseley tait en ce moment  San Jos, occup 
ngocier un trait avec le gouvernement de Costa Rica), vous tes 
l'aise, n'ayant rien  faire. C'est juste ce qui vous convient.

C'est ainsi que sir William Ouseley faisait la satire de mes
occupations habituelles; je rsolus pourtant de me contenter de
l'Irazu.

Nous ne suivrons pas notre voyageur sur le sommet de cette montagne
qui s'lve, dit-il,  onze mille cinq cents pieds au-dessus de la
mer: nous n'y apprendrions rien autre que le rcit de ses
tribulations; les volcans ne sont dcidment pas son fait, et sir
William Ouseley se trompait.

De San Jos, M. Trollope se rendit  San Juan, communment appel
aujourd'hui Greytown; le voyage n'est pas trs-facile: il faut
franchir le fate de la chane qui spare les eaux du Pacifique de
celles de l'Atlantique, passer la nuit dans de misrables _ranchos_, 
sept ou huit mille pieds au-dessus du niveau de la mer; il y a une
route jusqu' un endroit nomm Desenganos, o les eaux des deux ocans
se divisent; mais sur le versant qui descend vers l'Atlantique, les
mulets ne descendent plus qu'avec une extrme difficult, dans des
sentiers  peine praticables. Qui croirait que, faute d'une route,
tout le caf qu'on rcolte sur les plateaux levs de l'intrieur ne
peut se rendre dans les ports de l'Atlantique, et va faire le tour du
cap Horn, avant d'tre dirig sur l'Europe. En descendant du pays
lev, on arrive  la rivire Srapiqui que les voyageurs descendent
en canot, ainsi que la rivire San Juan o le Srapiqui se jette.

Le Srapiqui est une belle rivire, trs-rapide, mais pas assez pour
tre dangereuse. Il n'y a pas une maison, pas mme une hutte sur ses
bords, et la fort descend jusque dans l'eau. Dans les grands arbres
sont suspendus les singes bavards, qui agitent leurs vilaines ttes
devant notre bateau ou poussent des cris de colre en voyant leur
territoire envahi. Les perroquets volent au-dessus de nos ttes en
faisant leur musique particulire.  trois heures, nous arrivions dans
le San Juan. C'est la rivire par o le grand lac de Nicaragua se
dverse dans la mer, le chemin suivi par toutes les compagnies de
transit qui se sont tablies d'un ocan  l'autre dans le Nicaragua;
les flibustiers ont tant fait que tout transit est banni de ses eaux:
c'est aussi la ligne que M. Belly a choisie pour son canal. Elle a vu
de terribles scnes de meurtre et de cruaut. Aujourd'hui, la rivire
roule paisiblement, dans son lit large et peu profond, entre les
ranchos et les dpts de quelques sauvages colons qui sont venus
chercher un asile sur ces bancs tristes, solitaires, et brls du
soleil.

Le lendemain matin, nous atteignmes Greytown, en suivant la rivire
San Juan. Il y a un autre passage qui conduit  la mer par le
Colorado, une branche qui, sortie du San Juan, rejoint l'Ocan par un
plus court chemin. On a song  choisir cette ligne pour le canal
projet, de prfrence au San Juan. Je crois ces deux lignes galement
impraticables. Le San Juan lui-mme est si peu profond que nous
touchmes souvent le fond, mme avec notre lger canot.

Et que dirai-je de Greytown? nous y avons un consul gnral, dont le
devoir est de tenir sous sa protection spciale le roi de Mosquitie,
comme certaines personnes se plaisent  appeler cette cte, ou de la
cte des Mosquitos, comme on la nomme plus gnralement. Bluefields, 
quelque distance sur la cte, est la rsidence prfre de ce tyran
ngre; mais Greytown est la capitale de son territoire.

De tous les endroits o j'ai jamais mis le pied, Greytown est, je
crois, le plus misrable. C'est une petite ville de deux mille
habitants,  peu prs, place  l'embouchure du San Juan, et de toutes
parts entoure d'eau et de forts impraticables. Une promenade d'un
mille est impossible dans toute autre direction que la plage de la
mer; mais ceci n'a que peu d'importance, parce que la chaleur
continuelle fait qu'on ne songe point  prendre de l'exercice.
Quelques Amricains vivent ici, adorant le tout-puissant dollar comme
font les Amricains, et ouvrant des boutiques d'eau-de-vie et des
comptoirs; on y trouve aussi quelques Anglais et quelques Allemands.
En fait de femmes, je ne vis que quelques ngresses, et une femme
blanche, ou plutt rouge, dans une boutique de rhum. La population
indigne se compose d'Indiens-Mosquitos, quoiqu'il paraisse qu'on leur
permette  peine de vivre  Greytown. On les voit se promenant dans
leurs canots, vendant quelques oeufs et des poules, attrapant des
tortues, ou assez frquemment en train de s'enivrer.

De l'isthme amricain, M. Trollope se rendit aux Bermudes, archipel
compos de trois cent soixante-cinq lots, encadrs par un dangereux
rcif sous-marin dans un espace de vingt milles de longueur et de
trois milles de largeur. La gravure que nous donnons  la page
suivante reprsente le principal mouillage de cette possession
britannique.

                                   Aug. LAUGEL.

[Illustration: Vue des Bermudes.--Dessin de M. de Brard.]




GRAVURES.

                                                      Dessinateurs.
  Chapelle de Sainte-Rosalie (prs Palerme)              Rouargue      1
  Types et costumes siciliens                            Rouargue      4
  Ruines  Girgenti (Agrigente)                          Rouargue      5
  Vue de Syracuse                                        Rouargue      8
  Taormine et l'Etna                                     Rouargue      9
  La Marine  Messine                                    Rouargue     12
  Rocher de Scylla                                       Rouargue     13
  Stromboli                                              Rouargue     16
  Pigeonnier prs d'Ispahan                         Jules Laurens     17
  Pont d'Allah-Verdi-Khan sur le Zend--Roud,
     Ispahan                                       Jules Laurens     21
  Collge de la Mre du roi,  Ispahan              Jules Laurens     24
  Une peinture indienne dans le palais des
    Quarante-Colonnes,  Ispahan                    Jules Laurens     25
  Entre de Kaschan                                 Jules Laurens     28
  Une caravane persane au repos                     Jules Laurens     29
  Types persans                                     Jules Laurens     32
  Faubourg de Thran                               Jules Laurens     33
  La porte de Schah-Abdoulazim                      Jules Laurens     36
  Dans une cour,  Thran                          Jules Laurens     37
  Types et portraits persans                        Jules Laurens     40
  Groupe de Persans                                 Jules Laurens     41
  Dans l'Enderoun (appartement intrieur
    -- Costumes d'intrieur et de sortie)           Jules Laurens     44
  Choix d'armes, d'instruments et objets divers
    persans                                         Jules Laurens     45
  Le Dmavend                                       Jules Laurens     48
  Vue de l'le Saint-Thomas                             de Brard     49
  Saint-Pierre,  la Martinique                         de Brard     52
  Cataracte de Weinachts (Guyane anglaise)              de Brard     53
  Une sucrerie  la Guadeloupe                          de Brard     56
  La Pointe--Ptre,  la Guadeloupe                    de Brard     57
  Le port d'Espagne,  la Trinidad                      de Brard     60
  La baie de Panama                                     de Brard     61
  Vue des Bermudes                                      de Brard     64
  Costumes norvgiens d'Hitterdal                          Pelcoq     65
  La valle de Bolkesj                                      Dor     68
  Costumes du Tlmark                                     Pelcoq     69
  La valle de Vestfjordal                                   Dor     72
  Intrieur d'auberge  Bolkesj                         Lancelot     73
  glise d'Hitterdal                                      Wormser     75
  Le Rjukandfoss                                             Dor     76
  Un chalet  Bamble                                     Lancelot     77
  Vue du lac Bandak                                          Dor     80
  Le lac Flatdal                                             Dor     81
  Fjord de Gudvangen                                         Dor     84
  glise de Bakke                                            Dor     85
  Route de Stalheim                                          Dor     88
  Le Vringfoss                                              Dor     89
  Valle de l'Heimdal                                        Dor     92
  Femme du Sogn                                            Pelcoq     93
  Une noce en Norvge                                      Pelcoq     96
  Le march aux grains (Suez)                       Karl Girardet     97
  Port de Suez                                      Karl Girardet    100
  Cimetire europen  Suez                         Karl Girardet    100
  Qossir                                           Karl Girardet    101
  Djeddah                                           Karl Girardet    101
  Port de Souakin                                   Karl Girardet    101
  Mosque de Salonique                              Karl Girardet    104
  Femmes albanaises, prs d'un arabas,
     Vasilika                                       Villevieille    105
  Un Juif de Salonique                                       Bida    108
  Une Juive de Salonique                                     Bida    109
  Sceau du monastre de Karis                                       111
  Vue gnrale de mont Athos                         Villevieille    112
  Le Conseil des pistates au mont Athos                Boulanger    113
  Saint Georges (fresque de Panselinos dans le
    Catholicon de Karis)                                  Pelcoq    116
  Monastre d'Iveron                                Karl Girardet    117
  L'higoumne d'Iveron                                     Pelcoq    120
  La Phiale ou le Baptistre du couvent de Lavra         Lancelot    121
  Croix sculpte en bois dans le trsor de Karis         Thrond    124
  Coffret dans le trsor de Karis                        Thrond    125
  Peinture de la trapeza de Lavra: les trois patriarches  Thrond    128
  La confession                                              Bida    129
  Bas-relief du couvent de Vatopdi                     A. Proust    130
  Albanais, soldat de la garde des pistates         Villevieille    132
  Vue du couvent d'Esphigmenou                      Karl Girardet    133
  Intrieur de la cour principale du couvent slave
    de Kiliandari                                        Lancelot    136
  La rcolte des noisettes au mont Athos             Villevieille    137
  L'le Chatam, dans l'archipel Galapagos            E. de Brard    140
  Baie de la Poste, dans l'le Floriana
    (archipel Galapagos)                             E. de Brard    140
  L'le Charles, dans l'archipel Galapagos           E. de Brard    141
  Aiguade de l'le Charles (archipel Galapagos)      E. de Brard    144
  Oiseaux et reptile (archipel Galapagos)                  Rouyer    145
  Ctes de l'le Albermale, dans l'archipel
    Galapagos                                        E. de Brard    148
  Oeno, dans l'archipel Pomotou (les  coraux)      E. de Brard    149
  Village de Vanou, dans l'le de Vanikoro
    (les  coraux)                                  E. de Brard    149
  Baie de Manevai, dans l'le de Vanikoro
    (les  coraux)                                  E. de Brard    152
  Rcifs et piton de l'le de Borabora
    (les  coraux)                                  E. de Brard    153
  Rade et pic de l'le de Borabora (les  coraux)   E. de Brard    156
  le de Whitsunday, dans l'archipel Pomotou
    (les  coraux)                                  E. de Brard    157
  Brun-Rollet                                                Fath    160
  Traneau yakoute                                    Victor Adam    161
  Une sorcire tongouse                               Victor Adam    164
  Port d'Okhotsk                                      Victor Adam    165
  Bazar de Nertchinsk                                 Victor Adam    168
  Colonie ou village yakoute                          Victor Adam    169
  Voyageur russe en Sibrie                           Victor Adam    172
  Argali (mouton sauvage)                             Victor Adam    173
  Campement de Tongouses                              Victor Adam    176
  Chamans yakoutes                                    Victor Adam    177
  Femme yakoute                                       Victor Adam    180
  Poteaux des frontires du pays des Yakoutes et
    de la Chine                                       Victor Adam    181
  Types indignes (Australie du Sud)                      G. Fath    184
  Spultures australiennes dans les bois                 Lancelot    185
  Spulture australienne au dsert                           Dor    189
  Restes d'un voyageur retrouvs par ses compagnons
    dans les dserts du lac Torrens                          Dor    192
  Oasis d'deri (Fezzan)                                 Rouargue    193
  Mourzouk (capitale du Fezzan)                          Rouargue    196
  Gorge d'Agueri                                         Lancelot    197
  Valle d'Auderaz                                       Rouargue    200
  Vue d'Agadez                                           Lancelot    201
  Vue de Kano (entrept du Soudan central)               Lancelot    204
  Dendal ou boulevard de Kouka (capitale du Bornou)      Lancelot    205
  Vue du lac Tchad                                       Rouargue    208
  Village marghi                                         Rouargue    209
  Halte dans une fort du Marghi                         Rouargue    212
  Village mosgou                                         Rouargue    213
  Chef mosgovien                                         Rouargue    216
  Intrieur d'une habitation mosgovienne                 Rouargue    217
  Chef kanembou                                          Rouargue    220
  Entre du sultan de Baghirmi dans Masna
    (sa capitale)                                        Rouargue    221
  Une razzia  Barea (Mosgou)                            Rouargue    224
  Vue du march de Sokoto                                Hadamard    225
  Bac sur le Niger,  Say                                Rouargue    228
  Vue des monts Homboris                                 Lancelot    229
  Village sonray                                         Lancelot    232
  Vue de Kabra (port de Tembouctou)                      Rouargue    233
  Camp touareg                                           Lancelot    236
  Arrive  Tembouctou                                   Lancelot    237
  Vue gnrale de Tembouctou                             Lancelot    240
  Portrait en pied du baron de Wogan en costume
    de voyage                                           J. Pelcoq    241
  Grass-Valley                                          J. Pelcoq    244
  Un claim ou atelier de mineur                         J. Pelcoq    245
  Fort de _taxodium giganteum_ ou pins gants           Lancelot    248
  Un caon ou passage de la Sierra-Wah                   Lancelot    249
  La case du jugement                                   J. Pelcoq    252
  Le poteau de la guerre                                J. Pelcoq    253
  Types d'Indiennes du Rio-Colorado                     J. Pelcoq    256
  Grande pagode de Rangoun                               Franais    257
  Bateau  voile sur l'Irawady                     Clich anglais    258
  Canot de parade                                  Clich anglais    259
  Bateau de commerce                               Clich anglais    259
  Birmans dans une fort                                J. Pelcoq    261
  Pattshaing ou tambour-harmonica                  Clich anglais    262
  Pattshaing  baguettes                           Clich anglais    262
  Harpe birmane                                    Clich anglais    263
  Harmonica birman                                 Clich anglais    263
  Pagode  Pagn                                   Clich anglais    264
  Reprsentation thtrale dans le royaume d'Ava         Hadamard    265
  Dagobah ou pagode en forme de cloche             Clich anglais    266
  Intrieur d'une pagode                           Clich anglais    267
  Maison de l'ambassade  Amarapoura               Clich anglais    268
  Valle des puits de bitume                        Karl Girardet    269
  Types de grands seigneurs et hauts fonctionnaires
    birmans                                                 Morin    272
  Le palais du roi et l'lphant blanc                     Navlet    273
  Sculptures comiques dans le monastre royal 
    Amarapoura                                           Lancelot    276
  Vue du Maha-Toolut-Boungyo (monastre royal 
    Amarapoura)                                          Lancelot    277
  Dtails intrieurs du Maha-comiye-peima  Amarapoura     Navlet    281
  Une porte  Amarapoura                           Clich anglais    284
  Canon birman                                     Clich anglais    284
  Danse des lphants                              Clich anglais    284
  Canal d'irrigation dans le royaume d'Ava         Clich anglais    285
  Jeunes dames birmanes                                     Morin    288
  Le temple du Dragon                                    Lancelot    289
  Rives de l'Irawady (prs des mines de rubis)     Clich anglais    292
  Petite pagode  Mengoun                          Clich anglais    292
  Grand temple de Mengoun (depuis le tremblement
    de terre de 1839)                               Karl Girardet    293
  Valle de l'Irawady au confluent du Myit-Nge          Paul Huet    297
  Temple ruin  Pagn                                   Lancelot    300
  Salces ou volcans de boue  Membo                Clich anglais    301
  Cnes volcaniques dans la plaine de Membo        Clich anglais    301
  Paysans birmans en voyage                        Clich anglais    302
  Statue gigantesque de Bouddha  Amarapoura             Lancelot    304
  Zanzibar vue de la mer                             E. de Brard    305
  Portrait de feu l'iman de Zanzibar                 E. de Brard    308
  Pont de la ville de Zanzibar                       E. de Brard    309
  Un village de la Mrima                                Lavieille    312
  Jihou la Mkoa ou la roche ronde                 Clich anglais    313
  La fontaine qui bout (source thermale dans le
    Khoutou)                                       Clich anglais    313
  Sycomore africain                                Clich anglais    314
  L'Ougogo                                         Clich anglais    315
  Burton et ses compagnons en marche                    Lavieille    316
  Chane ctire de l'Afrique occidentale               Lavieille    317
  Passe dans l'Ousagara                                 Lavieille    320
  Paysage dans l'Ounyamouzi                            Lavieille    321
  Noirs de l'Ousumboua                               G. Boulanger    324
  Huttes  Msn                                        Lavieille    325
  Ngres porteurs                                    G. Boulanger    328
  Noir de l'Ouganda                                  G. Boulanger    329
  Habitation de Snay ben Amir  Kazeh                   Lavieille    332
  Jeunes dames  Kazeh                               G. Boulanger    333
  Coiffures des indignes de l'Ounyanyemb         Clich anglais    334
  Coiffures des indignes de l'Oujiji              Clich anglais    335
  Maison des trangers  Kaoul                        Lavieille    336
  Navigation sur le lac Tanganyika                      Lavieille    337
  Le capitaine Burton sur le lac Tanganyika             Lavieille    339
  Habitation au bord du lac Tanganyika                  Lavieille    340
  Le bassin du Maroro                                   Lavieille    341
  Instruments et ustensiles des Ouajiji            Clich anglais    342
  Riverains du Tanganyika (ct ouest)             Clich anglais    343
  Riverains du Tanganyika (ct sud)               Clich anglais    343
  Le bassin du Kisanga                                  Lavieille    344
  Vgtation de l'Ougogi                                Lavieille    345
  Passe de l'Ouzagara                              Clich anglais    346
  Rocher de l'lphant prs du cap Gardafui        Clich anglais    347
  Dernier tablissement gyptien dans le Fazogl          Lancelot    348
  Contre des Shelouks sur le Saubat                     Lancelot    349
  Blnia (village bari sur le fleuve Blanc)             Lancelot    352
  Habitants de la Havane                                    Potin    353
  Coolies chinois  Cuba                                   Pelcoq    356
  Vue gnrale de la Havane (capitale de Cuba)           Lancelot    357
  Avenue de palmiers devant une habitation de Cuba   E. de Brard    360
  Cathdrale de la Havane                                  Navlet    361
  La volante (voiture de la Havane)                   Victor Adam    363
  Vue de Matanzas                                        Lancelot    364
  Paysage dans l'le de Cuba: Loma (coteau)
    de Candela                                          Paul Huet    365
  Paysage dans l'le de Cuba (Loma de la Givora)        Paul Huet    368
  Grenoble et les Alpes dauphinoises                Karl Girardet    369
  Les Grands Goulets                                Karl Girardet    372
  Pont-en-Royans                                             Dor    373
  Sainte-Croix et les ruines du chteau de Quint    Karl Girardet    376
  Die et la valle de Roumeyer (vue prise des
    hauteurs de Saint-Justin)                            Franais    377
  Le Mont-Aiguille (vu de Clelles)                       Daubigny    380
  Pontaix                                           Karl Girardet    381
  Roumeyer et le mont Glandaz                            Franais    384
  Entre de la valle de Roumeyer                   Karl Girardet    385
  La valle de Loncel                              Karl Girardet    388
  La valle de la Voure et de la plaine du Rhne
    (vue prise des hauteurs de la Vacherie)         Karl Girardet    389
  Beaufort                                               Franais    392
  La fort de Saou                                       Sabatier    394
  Pot-Cellard                                      Karl Girardet    395
  Bourdeaux                                         Karl Girardet    396
  Le Velan et Plan-de-Baix (vue des sources
    du Rudoux)                                     Karl Girardet    397
  Cascade de la Druse                              Karl Girardet    398
  La gorge de Trente-Pas                            Karl Girardet    400
  Le mont Viso                                           Sabatier    401
  Le pont du Diable                                      Sabatier    405
  Le lac de l'chauda                                    Sabatier    408
  Le Pelvoux                                             Sabatier    409
  Le mont Aurouze                                        Franais    412
  Les montagnes du Devoluy                          Karl Girardet    413
  Ruines de la Chartreuse de Durbon                 Karl Girardet    416




CARTES ET PLANS.


  Carte de la Sicile, par M. A. Vuillemin.                             3
  Carte de la Perse, par M. A. Vuillemin.                             19
  Carte des grandes et petites Antilles, par M. A. Vuillemin.         51
  Carte du haut Tlmark (Norvge mridionale), d'aprs
    M. Paul Riant.                                                    67
  Carte de la presqu'le de Bergen, d'aprs M. Paul Riant.            83
  Carte de la Chalcidique, par M. A. Vuillemin.                      115
  Partie du gouvernement d'Yakoutsk, par Piadischeff.                167
  Carte de l'Australie, par M. A. Vuillemin.                         187
  Carte des voyages du docteur Henri Barth en Afrique (partie
    orientale) d'aprs M. de Lanoye.                                 195
  Voyage du docteur Barth (Itinraire de Sokoto  Tembouctou),
    par M. A. Vuillemin.                                             234
  Carte du cours infrieur de l'Irawady comprenant les possessions
    britanniques et la partie sud du royaume d'Ava, d'aprs le
    capitaine H. Yule.                                               260
  Plan d'Amarapoura et de sa banlieue, d'aprs les relevs du
    major Grant Allan.                                               280
  Carte du cours suprieur de l'Irawady et partie nord du royaume
    d'Ava, d'aprs le cap. Yule.                                     296
  Carte du voyage de Burton et Speke aux grands lacs de l'Afrique
    orientale (Itinraire de Zanzibar  Kazeh).                      307
  Carte du voyage de Burton et Speke aux grands lacs de l'Afrique
    orientale (2e partie).                                           338
  Carte de l'le de Cuba, par M. A. Vuillemin.                       355
  Carte du Dauphin (partie occidentale: Isre et Drme),
    par M. A. Vuillemin.                                             371
  Carte du Dauphin (partie orientale: Isre et Hautes-Alpes),
    par M. A. Vuillemin.                                             404




ERRATA.


I. Sous le titre _Voyage d'un naturaliste_, pages 139 et 146, on
a imprim: (1858.--INDIT).--Cette date et cette qualification ne
peuvent s'appliquer qu' la traduction.

La note qui commence la page 139 donne la date du voyage (1838)
et avertit les lecteurs que le texte a t publi en anglais.


II. Dans un certain nombre d'exemplaires, le voyage du capitaine
Burton AUX GRANDS LACS DE L'AFRIQUE ORIENTALE, 1re partie,
46e livraison, le mot ORIENTALE se trouve remplac par celui
d'OCCIDENTALE.


III. On a omis, sous les titres de _Juif_ et _Juive de
Salonique_, dessins de Bida, pages 108 et 109, la mention
suivante: d'aprs M. A. Proust.


IV. On a galement omis de donner,  la page 146, la description
des oiseaux et du reptile de l'archipel des Galapagos reprsents
sur la page 145. Nous rparons cette omission:

1 _Tanagra Darwinii_, varit du genre des
_Tanagras_ trs-nombreux en Amrique. Ces oiseaux ne diffrent de
nos moineaux, dont ils ont  peu prs les habitudes, que par la
brillante diversit des couleurs et par les chancrures de la
mandibule suprieure de leur bec.

2 _Cactornis assimilis:_ Darwin le nomme _Tisseim des
Galapagos_, o l'on peut le voir souvent grimper autour des
fleurs du grand cactus. Il appartient particulirement  l'le
Saint-Charles. Des treize espces du genre _pinson_, que le
naturaliste trouva dans cet archipel, chacune semble affecte 
une le en particulier.

3 _Pyrocephalus nanus_, trs-joli petit oiseau du
sous-genre _muscicapa_, gobe-mouches, tyrans ou moucherolles. Le
mle de cette varit a une tte de feu. Il hante  la fois les
bois humides des plus hautes parties des les _Galapagos_ et les
districts arides et rocailleux.

4 _Sylvicola aureola._ Ce charmant oiseau, d'un jaune
d'or, appartient aux les Galapagos.

5 Le _Leiocephalus grayii_ est l'une des nombreuses
nouveauts rapportes par les navigateurs du _Beagle_. Dans le
pays on le nomme _holotropis_, et moins curieux peut-tre que
l'_amblyrhinchus_, il est cependant remarquable en ce que c'est
un des plus beaux sauriens, sinon le plus beau saurien qui
existe.

Le saurien _amblyrhinchus cristatus_, que nous reproduisons ici,
est dcrit dans le texte, page 147.

[Illustration: _Amblyrhinchus cristatus_, iguane des les Galapagos.]

       *       *       *       *       *

IMPRIMERIE GNRALE DE CH. LAHURE
Rue de Fleurus, 9,  Paris.

       *       *       *       *       *





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provision of this agreement shall not void the remaining provisions.

1.F.6.  INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance
with this agreement, and any volunteers associated with the production,
promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
that arise directly or indirectly from any of the following which you do
or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.


Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need, is critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at https://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
https://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at https://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org


Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit https://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including including checks, online payments and credit card
donations.  To donate, please visit: https://pglaf.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart was the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.


Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.


Most people start at our Web site which has the main PG search facility:

     https://www.gutenberg.org

This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
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